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La route, dans les vestiges d’un monde qui meurt

road1Un an après Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme Cormac McCarthy est de retour avec un nouveau roman, La route. A 75 ans, l’un des géants vivants de la littérature américaine offre une épopée humaine très moderne, et signe un chef-d’œuvre capital, qui rend dérisoire la prestigieuse réputation qui l’a précédé, composée notamment d’un prix Pulitzer et de deux millions d’exemplaires vendus aux États-Unis.
Plusieurs années après que l’apocalypse, un homme et son fils tentent de survivre. Leur quotidien consiste à avancer péniblement sur une route que l’on appela autrefois 66, et qui traverse les États-Unis. Leur objectif, rejoindre la coté afin que le « petit » voie la mer. Né après la fin des civilisations, l’enfant l’espère malgré tout bleue. De grosses galères en petites victoires, de débrouilles pitoyables en combats pour leur vie, l’homme et son fils vont croiser dans leur périple des hommes comme eux, que le malheur a presque transformé en bêtes sauvages.
Très loin des discours moralisateurs sur les méfaits des hommes pour l’environnement, Cormac McCarthy s’attaque en creux au thème on ne peut plus sensible de la “fin du monde”. Pas de jugement et encore moins d’explication ici : des raisons qui ont provoqué la catastrophe, on ne saura rien. Au détour d’une phrase, le père avouera seulement à son fils que les hommes sont responsables.
road2 Des hommes, justement, qui sont l’intérêt principal de l’auteur. Peu importe les origines du contexte : McCarthy dépeint ici un post-apocalypse qui transpire l’humain. Bien sûr, il y aura les « gentils », l’homme et son fils, qui se proclament « porteurs du feu » face aux « méchants », des hommes que la faim et le besoin ont conduit aux abords de la bestialité.
C’est pourtant dans son absence que l’homme habite le plus La route. Tout au long des brèves descriptions, McCarthy capte son décor comme très peu d’auteurs peuvent s’en enorgueillir. Dans un paysage dévasté par une anonyme catastrophe, McCarthy passe au crible les vestiges de l’homme, biens de consommation réduits à la plus simple expression de leur existence. Dans un passage central du livre, l’auteur montre à quel point l’entassement de biens de consommation est inutile à la sauvegarde de l’homme. Le père et son fils y découvrent, dans le sous-sol d’une maison, un abri atomique surchargé de nourriture et boissons, mais vidée de ses occupants, qui n’ont pas survécu. Cette abondance soudaine ne sauvera pas non plus nos deux errants affamés, car le lieu se révèle rapidement peu sûr.
Afin de décrire un monde nu, vidé d’occupants et d’émotion, McCarthy a décidé d’économiser au maximum son vocabulaire, de réduire drastiquement les longues descriptions propres aux auteurs anglo-saxons. De cette frugalité d’écriture naît pourtant un livre d’une richesse rare, dont l’univers et les personnages pénètrent le lecteur comme autant de flèches acérées, visant ce qu’il nous reste d’espoir.

« La route » de Cormac McCarthy, Ed. de l’Olivier, 244 pages, 21 €.

Pages: 1 2

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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