Déjà membre,
connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Pas encore membre ? Inscrivez-vous !

Comment devenir un dieu vivant, ou du moins un auteur à suivre

dieu1Sous ses airs de manuel crâneur, Comment devenir un dieu vivant est un livre plus malin qu’il n’y paraît. En s’affranchissant enfin des insupportables schémas de l’auto-fiction qui ont plombé nombre de ses confrères, Julien Blanc-Gras livre un second roman paradoxal, aussi bordélique qu’invraisemblable, dont les plus criants défauts en deviennent hautement sympathiques. Un quasi tour de force.
Vendeur de journaux à la sortie d’une station de métro, William Andy appâte les passants en clamant avec humour les titres des unes. Viré de son boulot pour avoir “outrepassé ses fonctions”, il décide se lancer dans une émission de télé. Flanqué de deux acolytes, Tim et Max, et de sa nouvelle copine Lucy, ils créent un site Internet affilié au show télévisé. Le sujet ? Parler de la fin du monde sans se prendre la tête. L’idée prend rapidement et un buzz gigantesque se crée. Une chaîne TV entière est créée, et en offre à chacun ses quinze minutes de célébrité. De canular sympathique, le concept devient un méga business : les quatre compères, William Andy en tête, sont propulsés superstars internationales. Sauf que la fin du monde pourrait arriver plus tôt que prévu…
dieu2 Pour être tout à fait honnête, nous devons avouer avoir gardé un souvenir assez flou du premier roman de Julien Blanc-Gras, Gringoland (nous avons dû vérifier dans notre bibliothèque le titre exact de l’ouvrage). C’est donc sans a-priori particulier que nous avons abordé son second, sans voir pourtant s’évanouir une certaine méfiance vis à vis des auteurs français trentenaires. On n’a hélas, pas encore trouvé de vaccin contre le virus T.C.L.L.F.Z. (également appelé ThomasClémentLouisLahnerFlorianZeller-ite).
Les premiers chapitres donnent raison à nos craintes, accumulant tous les poncifs d’une certaine littérature trentenaire : écriture à la cool, construction déconstruite (tout un art), j’en passe et des meilleures. Pourtant, dès que s’évanouissent ce qu’un réalisateur appellerait “les scènes d’exposition”, Blanc-Gras se libère de ses postures pour partir dans un délire poussé et assumé, sans ressasser quelque expérience ou frustration personnelle malheureuse (on imagine plutôt que, pour le création de son personnage William Andy, l’auteur s’est inspiré de Rémi Gaillard, l’un des plus célèbres imposteurs du net).
Toute la panoplie des symboles de la pop culture (Internet et ses geeks, la télé réalité et sa starification ridicule…) est alors mise à contribution de cette histoire sans dessus dessous qui, comme un individu bordélique, sait conserver une certaine structure dans sa désorganisation. Et au final, on s’aperçoit que cette pagaille organisée est un facétieux tour de l’auteur pour délivrer son message sur l’état du monde actuel : une société incapable de maintenir un semblant de cohérence mérite-t-elle, vraiment, d’être sauvée ?
Comment devenir un dieu vivant laisse donc son lecteur avec un sentiment de joie prononcé, malgré une fin apocalyptique dans au sens strict du terme. C’est promis, on se souviendra désormais du nom de Blanc-Gras, et pas de manière floue cette fois-ci. Car un auteur qui sort bien vivant d’un tel chaos est un sérieux candidat pour faire ensuite de grandes choses.

« Comment devenir un dieu vivant » de Julien Blanc-Gras, Ed. Au diable Vauvert, 280 pages, 15 €

Pages: 1 2

    Share
Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
Loading ... Loading ...

Laisser un commentaire

Vous devez être inscrit pour laisser un commentaire.
Si vous souhaitez ajouter une photo à votre profil, utilisez Gravatar

Vous devez vous connecter pour poster un commentaire.

Tenez-vous informés...

Claro David Fincher David Foster Wallace Editions Actes Sud Editions Albin Michel Editions Au diable Vauvert Editions de l'Olivier Editions de l’Olivier Editions du Seuil Editions Flammarion Editions Gallimard Editions Grasset Editions Robert Laffont Editions Sonatine Editions Stock Editions Tristram Exposition Festival de Cannes 2008 Festival de Cannes 2010 Festival de Cannes 2011 Films en 3D Frédéric Beigbeder Inglourious basterds Interview Jack Kerouac La semaine culturelle en bref Rentrée littéraire janvier 2008 Rentrée littéraire janvier 2011 Rentrée littéraire septembre 2008 Rentrée littéraire septembre 2009 Rentrée littéraire septembre 2010 Rentrée littéraire septembre 2011 Rentrée littéraire septembre 2012 Thomas Pynchon William T. Vollmann

A la une (168)
Actualités (19)
Aide (1)
BD (10)
Berlin 2010 (1)
Berlin 2011 (1)
Cannes 2008 (10)
Cannes 2009 (5)
Cannes 2010 (11)
Cannes 2011 (13)
Cannes 2012 (5)
Cinéma & TV (56)
Comic Con 2009 (1)
Critiques BD (8)
Critiques cinéma (13)
Critiques disques (12)
Critiques livres (75)
DVD / BLU-RAY (11)
Expos & Art (12)
Expresso (10)
Festivals (5)
Internet (17)
Interviews (24)
Kiosque étranger (1)
Livres & BD (82)
Lost cinema (8)
Musique (3)
Prix littéraires (1)
Prix littéraires 2007 (4)
Prix littéraires 2009 (1)
Prix littéraires 2010 (3)
Readme (11)
Rentrée 2008 (29)
Rentrée 2009 (23)
Rentrée 2010 (27)
Rentrée 2011 (36)
Rentrée 2012 (18)
Sorties (15)
Sundance 2008 (2)
Sundance 2009 (2)
Sundance 2010 (2)
Sundance 2011 (1)
Télévision (4)
Toronto TIFF 2011 (1)
Venise 2010 (1)

WP-Cumulus by Roy Tanck requires Flash Player 9 or better.

Articles les plus populaires

Désolé. Aucune donnée à ce jour.

Archives
Réseaux