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La théorie de l’information d’Aurélien Bellanger, l’art français du numérique

La théorie de l’information de Aurélien Bellanger
Présentation de l’éditeur


La Théorie de l’information est une épopée économique française. De l’invention du Minitel à l’arrivée des terminaux mobiles, de l’apparition d’Internet au Web 2.0, du triomphe de France Télécom au démantèlement de son monopole, on assistera à l’irruption d’acteurs nouveaux, souvent incontrôlables.
La Théorie de l’information est l’histoire de Pascal Ertanger, le plus brillant d’entre eux. Adolescent solitaire épris d’informatique, il verra son existence basculer au contact de certains artefacts technologiques : éditeur de jeux en BASIC, pornographe amateur, pirate récidiviste et investisseur inspiré, il deviendra l’un des hommes les plus riches du monde.
La Théorie de l’information raconte aussi comment un article scientifique publié en 1948 a révolutionné l’histoire des télécommunications et fait basculer le monde dans une ère nouvelle, baptisée Âge de l’information. Pascal Ertanger s’en voudra le prophète exclusif.
La Théorie de l’information évoque enfin le destin d’une planète devenue un jouet entre les mains d’un milliardaire fou.

© Editions Gallimard, 2012

La théorie de l’information de Aurélien Bellanger
Première page du livre


PROLOGUE

Les milliardaires furent les prolétaires de la posthumanité. Objets de curiosité et de haine vivant reclus dans des capsules de survie étanches, ils virent l’humanité s’éloigner d’eux sans réparation possible. La procédure d’extraction était irréversible. N’appartenant plus au genre humain, dont ils avaient épuisé les ressources morales, mais demeurant mortels, justiciables et stériles, ils connurent des moments d’extrême fragilité et de mélancolie douloureuse. La plupart attendirent la mort comme une consolation. Seuls quelques-uns, mieux préparés au voyage, perçurent
leur richesse comme un signe d’élection.
Le premier de ces milliardaires posthumains fut probablement John Davison Rockefeller, l’homme le plus riche de son temps, peut-être de tous les temps. Le pétrole, extrait, raffiné et transporté par sa compagnie monopolistique, la Standard Oil, alimenta les moteurs à combustion interne qui firent des États-Unis la première puissance mondiale. Quand des lois antitrust démantelèrent son empire, Rockefeller reconstitua un quasimonopole dans l’éducation, les soins et la culture, en fondant dans le monde entier des universités, des hôpitaux et des musées. Ces investissements humanistes correspondent assez mal à ce que l’on sait de Rockefeller, qui avait jusque-là été considéré comme un homme d’affaires brutal et qui, presque autodidacte, n’était ni un mécène, ni un collectionneur — il ne se soignait en outre que par l’homéopathie. On peut en ce sens considérer la philanthropie de Rockefeller comme une expérience biologique à grande échelle menée sur l’espèce qui l’avait vu naître, et qui lui était devenue étrangère.
À l’autre extrémité du siècle, Bill Gates inventa, organisa et monopolisa le marché du logiciel informatique. La compagnie Microsoft fit bientôt de lui l’homme le plus riche du monde. Il créa à son tour une fondation philanthropique, dont les programmes de vaccination, d’éradication des maladies endémiques et de lutte contre la mortalité infantile devaient avoir un impact démographique majeur. Bill Gates s’était ainsi peu à peu transformé en éleveur.
À la même époque, George Soros, un financier messianique, s’occupait de la formation morale et politique de cette humanité future. Né à Budapest en 1930, il fut, selon la volonté de son père, l’un des seuls êtres humains à se voir enseigner l’espéranto comme langue maternelle. Juif, il connut les persécutions nazies, puis les débuts de la dictature communiste, avant d’émigrer vers les États-Unis où il commença une brillante carrière de spéculateur. Mais il était avant tout philanthrope, et s’employa, après la chute du mur de Berlin, à créer des dizaines de fondations dans les anciens pays communistes: ce nation building visait à les protéger à jamais de la dictature, en les transformant en Venise libérales et florissantes bâties sur pilotis au-dessus de l’Histoire. Intellectuel milliardaire, Soros ne défendit jamais qu’une seule thèse, optimiste, rationnelle et universaliste : l’âge des révolutions historiques étant achevé, seules des révolutions scientifiques et techniques pouvaient désormais se produire.

Lire la suite des premières pages sur le site de Gallimard

© Editions Gallimard, 2012

Pages: 1 2

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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