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L’étrange histoire de Benjamin Button, virtuose destin à l’envers

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Chaque nouveau film du génial David Fincher est à lui seul un événement. Pourtant, son septième long métrage fut probablement le plus attendu de tous. Il faut dire que L’étrange histoire de Benjamin fait partie de ces serpents de mer que seul Hollywood a le pouvoir de créer. En effet, les développements de l’adaptation cinéma de cette nouvelle de F. Scott Fitzgerald débutèrent il y a pas moins de quatorze ans, sous la houlette de Steven Spielberg, avec Tom Cruise dans le rôle principal. Plusieurs autres réalisateurs, dont Spike Jonze, furent contactés après ce premier abandon – avant que Fincher ne reprenne le projet il y a trois ans. C’est pourquoi la sortie du film aujourd’hui tient quasiment du miracle, d’autant que Fincher en a profité pour signer un nouveau chef d’œuvre.
bb_1Sur son lit de mort, une vieille femme demande à sa fille de lui lire le journal d’un certain Benjamin Button. Celui-ci voit le jour à la Nouvelle Orléans, au cours de la nuit qui signa la victoire des Etats-Unis dans la première guerre mondiale. A ces « circonstances inhabituelles » s’ajoutent un début de vie malheureux pour Benjamin. Alors que sa mère meurt en couches, on découvre que l’enfant est atteint d’une maladie inconnue : il est né avec les organes et l’apparence d’un homme de 80 ans. Son père, fou de peine et de colère, abandonne l’enfant devant un hospice pour personnes âgées. Promis à une vie courte, Benjamin y connaît pourtant une existence heureuse. Peu à peu, sa santé s’améliore et son corps rajeunit. Encore enfant, il rencontre Daisy, une petite fille dont il tombe immédiatement amoureux. Commence alors pour Benjamin une vie à l’envers, hantée par un amour impossible, les pertes de ses chers, et un rajeunissement qui le conduira à finir ses jours comme nourrisson.
Après la science-fiction hystérique de Alien3, l’ambiance glauque de Se7en, la sombre course poursuite de The game, l’univers déjanté de Fight club, le suspense angoissant de Panic Room et la traque morbide de Zodiac, David Fincher signe avec Benjamin Button son film le plus sobre, approchant au plus près les sentiments de ses personnages. S’étalant sur près d’un siècle, le film en devient le prisme de notre histoire moderne. Pourtant, Fincher ne cherche aucunement ici à forcer le trait, et met volontairement en retrait la virtuosité de sa mise en scène pour se focaliser uniquement sur bb_3le destin des personnages. A ce titre, les très nombreux effets spéciaux du film sont rendus invisibles, même si l’on ne peut s’empêcher de saluer le travail de maquillage et de transformation des acteurs, probablement l’un des plus réussis à ce jour.
Si la mise en scène est plus que discrète, le travail des acteurs est au premier plan de Benjamin Button. On saluera bien entendu la performance de Brad Pitt, qui porte littéralement le film sur ses épaules, mais aussi celui de Cate Blanchett, confondante jusque dans les dernières scènes. Il ne faut pas omettre toutes les innombrables seconds rôles du film, qui leur doit au moins autant sa réussite. On citera bien entendu Tilda Swinton et Julia Ormond, véritables fils rouges de l’histoire, et les nombreux jeunes bb_4acteurs interprétant Benjamin et Daisy dans leurs jeunes années. Sans oublier Taraji P. Henson, dans le rôle de la mère adoptive, Jason Flemyng et Jared Harris.
Auteur de très nombreux scénarios dont Forrest Gump et Munich, Eric Roth offre un magnifique matériau à Fincher, mis en musique par le français Alexandre Desplat dans une nouvelle expérience hollywoodienne (il signera bientôt la B.O. du prochain Terrence Malick, The tree of life). Et, à l’image de Se7en et Fight Club, l’alchimie du duo Fincher/Pitt nous offre un nouveau film qui ne devrait tarder à rejoindre le panthéon de nombreux cinéphiles.

Un film de David Fincher avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Julia Ormond, Tilda Swinton. Sortie le 4 février.

La bande-annonce du film :

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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