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Richard Yates, la mélancolie des utilisateurs du chat Gmail

Propice aux découvertes, la rentrée littéraire de janvier verra en 2012 la première publication française de Tao Lin, jeune auteur américano-taiwanais de 28 ans. Publié en 2010 aux États-Unis, son second roman Richard Yates paraîtra le 5 janvier prochain aux éditions Au diable Vauvert.
Vivant à Brooklyn, Lin a d’abord gagné sa popularité chez les nombreux jeunes new-yorkais amateurs de littérature avant-gardiste. Mais rapidement, sa côté explose grâce à la présence soutenue de l’auteur sur Internet : son site web, son fil Twitter et sa page Facebook réunissent chacun plusieurs milliers d’abonnés. Un engouement numérique naturel pour un auteur qui met Internet et les réseaux sociaux au centre de ses ouvrages.
Richard Yates débute sur la conversation sur le chat Gmail de d’une fille de 16 ans et d’un garçon de 22, qui semble toutefois moins mature qu’elle, auquel l’auteur donne le nom de deux stars adolescentes de cinéma : Haley Joel Osment (découvert dans le rôle du petit garçon dans Le sixième sens) et Dakota Fanning (découverte par le grand public comme étant la fille de Tom Cruise dans La guerre des mondes). Toutefois, la référence s’arrête là dans le roman, qui va raconter la liaison qui va naitre entre les deux jeunes au cours de leurs rencontres et leurs conversations en ligne. De même, la référence à l’écrivain Richard Yates (auteur des récemment très remarqués Easter parade et La fénêtre panoramique, qui a inspiré le film Les noces rebelles), qui donne pourtant son titre au livre, est aussi tenue : l’auteur n’est cité qu’une poignée de fois au cours des discussions entre les personnages. Lin soigne toutefois son statut d’auteur urbain jusque dans le lexique du livre, qui réunit la totalité des marques et personnages célèbres qui y sont cités.
Reçu par une critique anglo-saxonne mitigée, Richard Yates a toutefois permis à son jeune auteur d’être comparé aux plus grands de la littérature contemporaine : si le Guardian l’a qualifié de « Kafka de la génération iPhone », d’autres médias ont jugé (avec sûrement plus de pertinence) que le texte faisait penser aux premiers écrits de Douglas Coupland, Bret Easton Ellis, ou encore Jack Kerouac. . Le magazine culturel de Seattle The Stranger a même utilisé le visage de Tao Lin pour parodier la célèbre couverture de Time citant Jonathan Franzen comme le « Great American noveslist » (photo ci-contre).
Toujours sensible au statut financier des écrivains, il est probable que le public français se passionnera sur la manière avec laquelle Tao Lin a financé l’écriture de ce second roman. Jouissant d’une bonne popularité grâce au succès de son livre précédent, un court texte autobiographique titré Shoplifting from American Apparel (dont les droits français ont également été acquis par Au diable Vauvert), Lin a mis aux enchères sur son blog 60% des futurs droits d’auteur de Richard Yates. En six jours, il récolte ainsi 12 000 $ de ses lecteurs potentiels, qui lui permettront de vivre le temps de terminer le livre. Lin est aujourd’hui l’un des talents les plus prometteurs de la jeune littérature US : son troisième roman, encore sans titre, est attendu en 2013, et le très branché magazine urbain Vice a récemment publié dans son édition américaine une nouvelle de lui, titrée Relationship story.

« Richard Yates » de Tao Lin, traduit le l’anglais (États-Unis) par Jean-Baptiste Flamin, éditions Au diable Vauvert, 320 pages, 20 €. Parution le 5 janvier 2012.

Richard Yates de Tao Lin – Présentation de l’éditeur


Deux jeunes gens que l’auteur affuble de noms d’acteurs américains, Haley Joel Osment, 21 ans, habitant New York, et Dakota Fanning, 16 ans, habitant dans le New Jersey, font connaissance sur internet et s’éprennent l’un de l’autre. Après une première rencontre réelle au domicile de l’adolescente, ils enchaînent les allers-retours entre New York et le New Jersey. Le couple mange végan, vole dans les magasins et disserte sur la vie et l’ennui, se sent seul, échoue souvent à se comprendre. Lorsqu’ils ne sont pas ensemble, ils discutent en chat, alimentent leur spleen et une relation entre bonheur fulgurant et déprime suicidaire.
Lorsque Joel quitte son appartement de New York pour s’installer dans New Jersey, les personnages se dévoilent, laissant apparaître leurs blessures, leurs pulsions, leurs failles. Et Joel découvre alors les mensonges et manipulations de Dakota.

Des jeunes ligotés par leurs liens virtuels, des adultes désarticulés par le réel, un récit entre l’hypnose et l’anesthésie. L’écriture minimale de Tao Lin et son humour à froid nous plongent dans la dépression générationnelle de ceux que l’on nomme les hipsters. Et, au détour d’une conversation en ligne apparemment anodine, les démons surgissent, avec toujours en fond sonore une solitude que l’on embrasse et dont on rit, comme pour l’apprivoiser.

© Éditions Au diable Vauvert, 2011

Page suivante : la première page du livre

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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