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Torturez l’artiste ! Et réjouissez le lecteur…

Depuis le début 2007, seuls deux livres américains ont vraiment dominé l’actualité littéraire française. Certes, Salmigondis et Le tunnel étaient, bien sûr, deux textes fondamentaux venus d’outre-Atlantique, mais chacun datait de plusieurs dizaines d’années, et il faut bien dire que l’on était un peu affamés de réelles découvertes. Aussi a-t-on reçu le sourire aux lèvres la premier traduction d’un jeune auteur de 27 ans, Joey Goebel. Le titre, Torturez l’artiste !, était plus qu’excitant. Et le livre arrivait avec une carte de visite certes classique, mais toujours efficace : une traduction signée Claro. Autant d’espoirs qui n’ont pas été déçus à la lecture, réjouissante, de ce roman revigorant.
Magnat tout puissant des médias et de l’entertainment, Foster Lipowitz se meurt. A la fin de sa vie, l’homme se rend compte que l’industrie du divertissement est au fond de la cuve. Avant de mourir, l’homme fait le vœu de laisser derrière lieu des œuvres dont la qualité marquera leur époque. Persuadé que les artistes doivent souffrir pour produire de la qualité, il fonde alors l’académie Nouvelle Renaissance. Son objectif : l’institution choisit sur petites annonces des jeunes pousses prometteuses, et les confie à des managers dont le rôle sera de les faire souffrir, tout au long de leur vie.
Musicien et critique raté, Harlan est embauché pour chapeauter le jeune Vincent Spinetti. Né d’une mère nymphomane ce dernier présente toutefois des dons artistiques exceptionnels. Il se met à écrire chef d’œuvre sur chef d’œuvre, sous la coupe funeste d’Harlan. Pourtant, les deux hommes se lient d’une amitié indéfectible, qui va mettre en péril les postulats de l’agence et, peut-être, contribuer au renouveau du monde artistique. Jusqu’au jour où…
Certes, l’idée de faire souffrir les artistes pour leur extirper des chefs d’œuvre n’est pas nouvelle en littérature. Il y a seulement quelques mois, Chuck Palahniuk livrait son magnifique A l’estomac, un ouvrage sur un thème similaire. Toutefois Joey Goebel parvient à trouver sa propre voie avec ce livre. Torturez l’artiste ! est probablement le meilleur roman sur l’entertainement que l’on ait lu depuis longtemps. Car, à la différence de Palahniuk, l’auteur se débarrasse ici des postures d’une certaine culture élitiste pour investir le divertissement de masse. En conséquence, le texte nous transporte dans l’univers des grands studios, des majors du disque, des chaînes télé populaires. Et Goebel scalpe tout ce petit monde avec une férocité hilarante.
Mais Torturez l’artiste ne s’arrête pas à un simple brûlot contre les médias d’aujourd’hui. Avec Harlan, Vincent et tous ses autres personnages, Goebel réussit une galerie de portraits aussi émouvante que troublante. D’une plume aussi douée pour la description des sentiments antagonistes que pour le rythme de l’intrigue, ici implacable, Goebel signe ici un livre à la lecture indispensable. Et place, du même coup, son nom sur le radar de tous les amateurs de littérature contemporaine. Inutile de préciser que l’on attend avec impatience la traduction, en 2008 chez EhO, de son premier roman, The anomalies, écrit un an avant Torturez l’artiste !

Torturez l’artiste ! de Joey Goebel, Ed. Héloïse d’Ormesson, 370 pages, 22 €

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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