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Vampires, sombre fable inachevée du vampirisme moderne

Décédé en août 2009, Thierry Jonquet aura laissé un engagement sans faille, une quinzaine de romans, des dizaines de nouvelles, et des milliers de fans attristés. A cette liste non exhaustive il conviendra désormais d’ajouter un roman inachevé, Vampires, qui paraît aux éditions du Seuil. Un texte de 185 pages à peine, qui pourtant dévoile un Jonquet au sommet de son art, quintessence des thèmes favoris de l’auteur et preuve de sa maturité d’écriture.
Quelque part en banlieue parisienne, un immigré roumain découvre au fond d’un hangar un homme empalé lors dune cérémonie sacrificielle. Déstabilisé, l’homme invoque Vlad Tepes, plus connu sous le nom de Dracula. Pour le substitut Valjean et le légiste Pluvinage, l’enquête prend des airs de terrifiants inédits : et si les vampires existaient vraiment ? Pendant ce temps dans une arrière-cour secrète de Belleville, la famille Radescu se retrouve face au plus grand défi de son histoire. Comment enrayer la malédiction qui les frappe depuis plusieurs centaines d’années, ne pas pouvoir supporter la lumière du jour, et être perpétuellement assoiffés de sang ? Le patriarche est prêt à tout pour offrir la lumière du jour à la petite dernière, dotée d’un immense talent de peintre…
Largement inachevé, le livre aurait pu ne jamais connaître les tables des libraires. Son éditeur, Jean-Christophe Brochier, explique dans un texte introductif avoir néanmoins choisi d’offrir le texte aux nombreux admirateurs de Jonquet, car selon lui « mieux vaut un désir inachevé qu’un plaisir assoupi ». Si l’on est pas sûr que la frustration créée par la fin prématurée du livre en valait la chandelle, on ne peut que reconnaître que Vampires fait, en l’état actuel, partie des œuvres les plus abouties de l’auteur.
Entraînant son lecteur dans une galerie de personnages hauts en couleurs et de lieux dont le mystère n’égale que leur typicité, Vampires aborde en souplesse, et avec un humour féroce, plus de thèmes que la majorité des romans français. A travers le destin hors normes de la famille Radescu, Jonquet revisite bien sûr le mythe du vampirisme, mais aborde également en creux autant les grandes questions de la société contemporaine : l’exclusion, la génétique, la réussite sociale ou encore les dérives de la course à la célébrité. Un vrai tour de force pour un manuscrit dont on peut pronostiquer sans trop de risque qu’il n’est publié qu’à la moitié de son nombre de pages envisagé.
S’il en était encore besoin, la réussite de Vampires prouve à nouveau la perte immense qu’a subi la littérature française avec la disparition de Thierry Jonquet. Cruelle ironie qui n’aurait pas déplu à son auteur, le texte inachevé se termine par les mots « Un long travail commençait. Aussi routinier qu’incertain. ». Une porte qui restera pour toujours ouverte, laissant en plan l’un des plus brillants textes du roman noir de mémoire récente. Tel un diamant dont la taille restera à jamais inachevée.

« Vampires » de Thierry Jonquet, éditions du Seuil, 210 pages, 20 €.

Page suivante : la première page du livre

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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