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Scott Pilgrim, futur film culte ou pétard déjà mouillé ?

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Il s’appelle Scott Pilgrim, a vu le jour dans une série de comic-books canadienne signée Bryan Lee O’Malley (en cours de traduction française chez Milady), avant que ses aventures ne soient portées au cinéma. Pour son premier film 100% américain, le réalisateur anglais Edgar Wright (Shaun of the dead, Hot fuzz) a choisi l’histoire de Scott (Michael Cera), un étudiant de 22 ans malheureux avec les filles, membre d’un groupe de rock amateur qui rêve secrètement de casser la baraque. Lorsqu’il tombe amoureux de la belle et rebelle Ramona Flowers (Mary Elizabeth Winstead), il doit affronter la “ligue des 7 ex maléfiques” de celle-ci, dans des combats dignes des plus extravagants jeux vidéos.
pilgrim_2Scott Pilgrim contre le reste du monde. La traduction du titre original du nouveau film d’Egdar Wright n’a jamais sonné plus juste que depuis la sortie américaine, le 13 août dernier. Cette adaptation coûteuse se voit dès lors taxée de “bide de l’année” : avec un budget déraisonnable de 60 millions de dollars, le film n’en a rapporté qu’à peine à moitié sur le sol américain. Il entre de fait dans le cercle des œuvres honteuses pour l’industrie, dont les professionnels n’osent prononcer le titre durant une période tampon, de peur d’être, à leur tour, frappés par la malédiction.
Dans ce cadre, il y a de fortes chances que la carrière du film en France se résume à sa plus simple expression. La date de sortie du film, déjà repoussée deux fois et désormais fixée au 1er décembre, pourrait n’avoir qu’un caractère “technique”, comme l’on dit dans le jargon pro. En clair, une combinaison d’une poignée de salles parisiennes, aucune en province, sans campagne d’affichage ni promotion. Le tout dans le seul but de valoriser le film comme étant “de cinéma” avant une rapide sortie DVD et un passage à la télé. Le pilon des films n’ayant pas réussi à séduire leur public, en quelque sorte.
Plus intéressante par contre devrait être la sortie du film en Blu-ray et DVD aux États-Unis, le 9 novembre prochain. Il n’est en effet pas rare que cette “seconde carrière” soit la plus importante dans le cadre d’un film comme Scott Pilgrim. De nombreux exemples ont permis, par le passé, à des films ayant connu des carrières catastrophiques en salles d’acquérir un statut de film-culte en DVD. Les exemples les plus mémorables sont sans conteste Fight Club de David Fincher et, dans une moindre mesure, la version longue de Grindhouse de Robert Rodriguez et Quentin Tarantino. Si le premier a depuis longtemps accédé au rang de classique, il ne faut pas oublier que c’est sa carrière en DVD qui a effacé un échec en salles considérable, assorti de critiques souvent catastrophiques qui ont depuis tourné leur veste.
pilgrim_4S’il est encore trop tôt pour présumer d’un tel devenir pour Scott Pilgrim, on peut d’ores et déjà comparer ce dernier à un autre bide récent : Street racer des frères Wachowski. Les similitudes entre les deux longs métrages ne manquent pas : adaptations “live” d’univers animés ou dessinés, ils bénéficient chacun d’une mise en scène aux parti-pris de réalisation très forts, trop forts peut-être pour le grand public. Les Wachoski comme Edgar Wright ont en effet effectué les choix de mise en scène les plus percutants de leur carrière dans leurs œuvres respectives, utilisant de procédés extrêmement novateurs, dont la (re)découverte a parfois mené Street racer jusque dans les listes des meilleurs films de l’année. Les deux titres sont également lestés par des défauts similaires : une plongée en apnée dans ces univers sans mise en situation réelle, qui relègue les acteurs au simple rang d’accessoires, en étant portée par des scénarios tenant sur un simple timbre poste.
La raison la plus probable semble toutefois se situer ailleurs. Scott Pilgrim comme Speed racer appartiennent à un genre relativement nouveau dans le septième Art : le “film de geeks”. Destiné à un public passionné, sensible à un univers codé mais souvent hermétique pour le commun des mortels, ce genre a connu un véritable essor grâce à la banalisation des techniques numériques, dans la réalisation bien sûr, mais surtout pour leur promotion sur Internet. Et, lorsqu’ils allouent un gros budgets à ces films, il ne faut pas que les grands studios attendent du genre plus qu’il ne peut en donner. Car seul ses chefs d’œuvre (District 9 ou, bien entendu, Avatar) arrivent à percer la cloison opaque qui les sépare du public de masse.

« Scott Pilgrim » de Edgar Wright avec Michael Cera, Mary Elizabeth Winstead, Anna Kendrick, Jason Schwartzman. Sortie le 1er décembre.

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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