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Gonzo Lubitsch ou l’incroyable odyssée, premier roman explosif de Nick Harkaway

Utilisez-vous vos rêves comme une résolution ou une source d’inspiration ?

N.H. : J’utilise généralement pas mes rêves de cette façon. Ils n’ont pas grand sens quand je me réveille, possèdent des personnages ennuyeux, et sont frustrants et fragmentés. Souvent je me réveille la nuit, et écris quelque chose en pensant que c’est la meilleure idée qui soit. Puis, au réveil le matin suivant, cela raconte quelque chose comme « L’Australie mangée par une tourte géante ! Curieux revirement de digestion. De la bière aussi. Les montagnes comme les chameaux ont une affection persistante pour la semoule ! ». Vous voyez à quel point cela peut être le début d’une grande littérature. Il est aussi possible que le problème vienne du fait que mon écriture manuscrite est très mauvaise. Mais il arrive aussi parfois que je me réveille avec la solutions à des problèmes sur lesquels je réfléchissais le soir d’avant. J’ai tendance à penser qu’il faut que je laisse mon subconscient travailler pendant que je fais une pause.

Avez-vous déjà eu une idée pour un livre que vous avez mise en pratique dans la vie réelle pour voir quel serait son effet ?

gonzo_5N.H. : Mon Dieu ! Non, cela n’est jamais arrivé. Vous imaginez ? Prenez n’importe quel événement dans Gonzo Lubitsch ou l’incroyable odyssée, et imaginez-le en vrai. Tout d’abord, je vous répondrai depuis un asile. Ensuite, la planète entière serait à feu et à sang. Mais, si l’on met de coté l’aspect pratique des choses, la nature de l’écriture est de créer un monde où j’invente les tenants et les aboutissants. La plupart du temps, je commence par imaginer les conséquences d’un événement, puis je m’attarde sur les raisons de son avènement.

Avez-vous un premier lecteur, tenez-vous compte de ce qu’il vous dit, ainsi que vos éditeurs ? Comment leurs visions influent-elles sur votre travail ?

N.H. : J’ai déjà mentionné Clare. J’écoute ce qu’elle me dit, tout comme mes éditeurs chez Heinemann et Knopf. Je ne fais pas toujours ce qu’ils suggèrent – et dans certains cas ils ne sont souvent pas d’accord sur le même point. Mais, par exemple, quand Edward Kastenmeier me dit “Nick, sérieusement, je n’ai aucune idée de ce qui se passe dans cette scène”, c’est quelque chose auquel je prête attention, parce qu’Edward est intelligent et élégant, et qu’il ne se permettrait pas cela si je n’avais pas fondamentalement foiré mon affaire. La scène mérite donc d’être retravaillée. Edward a noté que, comme beaucoup d’écrivains, je ne réagis pas à ces remarques en modifiant une scène en particulier, mais préfère modifier quelque chose une centaine de pages plus tôt. La scène critiquée apparaît alors sous un jour nouveau, et devient du coup plus naturelle.

Quel a été le meilleur avis qu’on vous ait donné sur l’écriture ?

N.H. : « Débrouille-toi et écrit quelque chose ». Mais c’est une réponse qui n’est d’aucune aide au premier abord. En voici quelques autres. La première est la préférée de mon père : « “Le chat était assis sur le tapis” est d’une grande banalité. Mais “Le chat était assis sur le tapis du chien” est le début de quelque chose ». Et, pour ce que cela vaut, voici ma propre contribution au débat : « Il n’y a rien de tel que le syndrome de la page blanche de l’écrivain. Si vous ne pouvez écrire un passage, c’est qu’il y a une sorte de blocage spirituel ou mystique. C’est exactement la même chose si vous pensez avoir raté ce que vous vouliez dire, et que vous devez récrire ce point précis, ou si vous avez un problème tel dans votre vie, vous devez régler cela avant de retourner à votre bureau. Affrontez-le. Ensuite, débrouillez-vous et écrivez quelque chose ».

Traduction et adaptation : Christophe Greuet

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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