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CosmoZ, l’enfer des hommes est pavé de briques jaunes

rl10_cosmoz_bUn roman-monde. Bien que critiquée et galvaudée, l’expression semble avoir été inventée pour le nouveau roman de Claro, CosmoZ. Un livre qui vous frappe tel un cyclone, tant il survole le reste de la production française. Un livre marqué autant par la douleur que par la féerie, sans que l’une ne puisse se séparer de l’autre. Un livre qui défie les comparaisons tant il redéfinit les limites du roman. Et se place comme l’un des romans français les plus brillants que l’on ait lu depuis bien longtemps.
A l’aube du XXè siècle, l’auteur méconnu L. Frank Baum publie le premier des nombreux tomes du Magicien d’Oz. Cette recherche d’un monde merveilleux, dont la route est pavée de briques jaunes, est menée par plusieurs personnages devenus depuis légendes. Dorothy, la petite fille moyenne, son chien Toto, le bûcheron de fer blanc, l’épouvantail, le lion peureux, auxquels s’ajoutent les Munchkins, des nains malicieux, les deux sorcières et, bien entendu, le Magicien d’Oz.
Là où le roman originel, puis plus tard le film qui s’en inspire, conservent les personnages dans leur quête du merveilleux, Claro les précipite dans les horreurs de la première moitié du XXe siècle, des tranchées de 14-18 à l’explosion de la bombe d’Hiroshima. Féerie et réalité s’entrechoquent et se mélangent, au point de devenir les deux faces d’une même pièce. Chaque caractère devient donc porteur de ses propres épreuves, cédant tantôt aux horreurs de la guerre ou à la folie de pseudo-scientifiques en mal de cobayes. La route de briques jaunes devient peu à peu celle conduisant à l’Enfer.
claro Habité par le personnage de L. Frank Baum, hanté par les vers de T.S. Eliot, CosmoZ est également traversé d’une multitude d’autres influences littéraires. Les habitués des traductions de Claro reconnaîtront ici ou là des réminiscences de ses auteurs favoris, des trouvailles merveilleuses d’un Pynchon aux descriptions violentes d’un Vollmann. Mais il ne faudra en aucun cas y déceler quelque faiblesse de romancier. Car, à l’heure où beaucoup de romans sont écrits comme des ébauches de scénarios, CosmoZ apporte avant tout la preuve de la supériorité évidente de la littérature, quand l’imbrication complexe et implacable de la fable et du réel interpelle l’imaginaire, sans toutefois tenter de le réduire en images pré-mâchées.
CosmoZ est aussi une écriture. Sans conteste le livre le plus abouti de son auteur, qui a mis cinq ans pour le travailler et le retravailler encore. Le résultat est une merveille de narration, qui manie la langue avec virtuosité sans jamais se regarder écrire. Un tour de force d’écrivain digne des plus grands, sans que ne transparaisse les innombrables heures de travail que l’on imagine.
Car pour beaucoup, Claro était jusqu’alors un brillant traducteur, souvent présenté de façon presque caricaturale comme un chevalier sans peur face aux textes les plus ambitieux et exigeants. Mais, malgré la quinzaine de livres publiés sous son nom, son œuvre d’écrivain était jusqu’alors trop souvent restée dans l’ombre. CosmoZ pose avec fermeté le point final à cette injustice, tant Claro montre ici qu’il est l’un des romanciers français les plus brillants de sa génération.

« CosmoZ » de Claro, éditions Actes Sud, 490 pages, 23 €. Parution le 18 août.

Page suivante : la première page du livre

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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2 réponses à “CosmoZ, l’enfer des hommes est pavé de briques jaunes”

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