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A la rencontre de Reif Larsen, auteur du premier roman le plus audacieux de l’année

Êtes-vous vous-même passionné par les cartes géographiques ? Vos parents étaient des artistes, et en plus que vos écrits, vous êtes aussi cinéaste. Est-ce que le fait d’avoir grandi au milieu d’artistes vous a aussi donné une perception visuelle du monde ?

L'une des très nombreuses cartes du livre.

L'une des très nombreuses cartes du livre.

R.L. : Je crois, oui. Quand j’étais plus jeune, je ne m’en rendais pas vraiment compte, mes priorités se tournaient plus vers l’écriture. Mes parents avaient leur studio à la maison, j’ai grandi au milieu d’un univers très visuel. Il y avait énormément de livres d’art chez nous. J’étais en permanence exposé aux images, et à leur processus de création. Beaucoup de gens m’ont demandé si T.S. était mon double littéraire, mais nous sommes différents sur beaucoup de points. Nous partageons par contre cette fascination pour les cartes et la cartographie. Les cartes sont comme des histoires, mais qui présentent leurs éléments de façon hautement sélective. Cela résulte du très grand nombre de façons avec lesquelles on peut cartographier le monde. Les meilleures cartes ont toujours un sens caché. La façon de les faire évoluer dans le temps permet toujours de divulguer une nouvelle signification aux choses.
Nous avions un atlas périmé dans lequel je me plongeais pendant des heures, afin d’inventer des histoires. En cinquième, nous devions dessiner une carte du monde de mémoire. Le défi de devoir se rappeler les distances entre les côtes me donnait la sensation d’être enfin chez moi. J’adorais cet exercice, se figurer l’intégralité du monde dans sa tête. C’était une sorte d’accomplissement total. Cela me fait aussi penser à une théorie bouddhiste, selon laquelle nous serions des créatures pleines et finies, qui passeraient leur existence à réaliser cette entièreté.

T.S. Spivet ne cartographie pas que les lieux. Il fait aussi des graphiques des rêves, des saisons, et même des odeurs. Les cartes lui apparaissent comme une façon de donner un sens au monde. Est-ce pour cela que vous avez voulu exprimer dans ce personnage ?

R.L. : Je crois que beaucoup de gens pensent qu’une carte se rapporte seulement à la géographie. Pour moi, il s’agit de donner du sens au monde sur un morceau de papier, un écran, ou quoi que ce soit d’autre. C’est cette traduction, cette création de sens qui est le plus important. J’aime les cartes car elles en disent souvent beaucoup sur leur concepteur. Je crois que le livre tente de combattre les idées reçues sur les cartes, d’ouvrir le débat sur le sujet. Pour moi une carte très réussie est vraiment personnelle et émotionnelle.

Quelles sont vos principales influences littéraires ? En vous lisant, on pense à Jonathan Safran Foer et Mark Danielewski, ou même Sebald. Tous ont inclus des textes et des images au milieu de leurs récits.

Deux pages d'Austerlitz de W.G. Sebald.

Deux pages d'Austerlitz de W.G. Sebald.

R.L. : Je cherchais des auteurs qui ont mélangé images et texte. Mark Danielewski est très certainement à l’origine de beaucoup de choses. Il a cassé la plupart des codes, et m’a totalement subjugué. Mais je pense être un auteur très différent de lui. Sebald aussi, en de nombreuses manières. Ce qu’il a fait fonctionne bien chez lui, mais était très limité en terme de format sur la page. Il jetait en quelque sorte une image sur la page, en la laissant flotter. Mais cela ne veut pas dire que ses écrits étaient limités.
Je me suis beaucoup battu pour trouver une sorte de modèle pour ce que je voulais faire, mais sur le plan des auteurs la liste est infinie. Conrad et l’écrivain polonais Bruno Schulz, Garcia Marquez, Julio Cortazar. Je suis toujours intéressé par les auteurs qui innovent sur le plan formel, mais uniquement lorsque c’est commandé par le récit et le fait avancer. Je suis allergique au tintamarre juste là pour le tintamarre.

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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