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A la rencontre de Reif Larsen, auteur du premier roman le plus audacieux de l’année

Une grande partie de l’histoire de L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet est racontée dans les marges du texte principal. Comment vous est venue cette idée ?

R.L. : Chaque choix que j’ai fait pour le style du livre a été inspiré par un personnage. Ce n’est pas comme si j’avais voulu faire un livre avec autant de texte en marge. C’est plutôt comme si j’étais entré en collision avec la voix du personnage. A l’origine, il s’agissait de notes en pied de page, mais celles-ci me semblaient un peu intrusives dans la forme du récit. Étant donné que T.S. est un cartographe, je me suis dit qu’il aurait réfléchi à la composition de la page. J’ai écrit le livre d’un trait, avec très peu d’illustrations. J’avais la vague idée qu’il s’agissait d’un guide de promenade, mais je ne savais pas quelle forme cela pouvait prendre. Ce n’est qu’une fois le livre terminé que je me suis rendu compte que les marges pouvaient se faire l’écho de l’esprit de T.S.. Ce fut une découverte majeure.

L'une des pages intérieures du livre.

L'une des pages intérieures du livre.

Personnellement, j’apprécie énormément les flèches et les diagrammes. Ils ont un vrai rapport avec la poursuite d’un chemin, utiliser une flèche reflète vraiment le déplacement d’un endroit à un autre. C’est tout du moins la façon dont fonctionne mon cerveau. Je pense que l’une des composantes les plus importantes du livre et du personnage de T.S. se matérialise par ces flèches. Le saut du texte principal à celui dans la marge est la façon lui permettant de laisser son esprit divaguer, et l’endroit où il commence à se livrer de façon plus personnelle. Lorsque les marges deviennent plus importantes, il maîtrise de mieux en mieux son vocabulaire, et cette façon de parler plus adulte se retrouve alors dans le texte principal.

Votre personnage principal est un cartographe génial de 12 ans. Préférez-vous écrire sur des gosses intelligents ? Envisagez-vous d’en inventer d’autres ?

R.L. : Je suis souvent passionné par les gosses très intelligents, dont les capacités leur permettent de s’affirmer parmi les adultes qui les entourent, et devenir de petits adultes eux-mêmes. Nous essayons toujours de projeter nos propres désirs sur ces gamins. Je suis professeur, les enfants m’intéressent. En particulier sur la manière dont ils perçoivent le monde. Je pense que les enfants sont un matériau formidable pour l’écriture, qui ouvre aux auteurs d’infinies possibilités. Si vous regardez le monde à travers les yeux d’un enfant, cela vous donne un sacré coup de pouce pour la narration. Vous pouvez décrire les choses de façon étonnante. Le terme génie ou prodige est très problématique car il dénature complètement les traits du personnage. Je crois que c’est ce que beaucoup d’adultes font. Il y a cette tentation de dire “S’il peut faire ça, alors il peut tout faire”. Je crois au contraire que, si j’ai donné au personnage de réelles capacités pour certaines choses, il reste toujours sur le plan affectif un gamin de 12 ans, et peut-être même plus jeune.

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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