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Interview Julien Capron : « Match aller est le livre que j’aurais aimé lire à 17 ans »

Avez-vous essayé d’écrire ici un polar ?

J.C. : Je souhaite dire avant tout que je ne souhaite pas que Match aller et Match retour soient lus comme des polars au sens littéral du terme. Il y a certes une enquête policière, mais je n’ai pas voulu m’aligner sur l’horizon d’attente précis du lecteur de polars. Je pense que l’un des malentendus autour du livre peut venir de cette confusion. Je me suis en fait fixé l’objectif d’écrire un livre que j’aurais aimé lire à 17 ans, qui contienne une histoire tout en s’échappant parfois vers une dimension philosophique.
On parle souvent me concernant d’écriture baroque, or j’ai essayé de m’approcher le plus possible de “mon classicisme”, faire que les effets soient le plus tenus possible. J’ai tenté de diminuer au maximum les tremblements qui pouvaient parasiter le récit d’Amende honorable, et qui m’avaient été souvent reprochés par les lecteurs.

mobydickCe livre s’apparente parfois à de la littérature de genre, qui est un genre auquel peu d’écrivains français s’essaient.

J.C. : La notion de “roman de genre” n’a pas du tout la même signification chez les Anglo-Saxons et les Français. Moby Dick est un roman de genre, mais c’est aussi un monument littéraire. Je ne vois donc pas pourquoi cette littérature est souvent traitée de façon un peu hautaine, alors que le genre n’est qu’un outil.
Match aller est apparenté à un roman sportif, quasiment inexistant en France, mais qui commence à être utilisé par les romanciers. Ce n’est pas étonnant, car il est très utilisé outre-Atlantique, d’autant que le film sportif est connu de tous. Le sport ou les questions que posent un serial killer à la société m’apparaissent comme des sujets littéraires aussi passionnants qu’une rupture amoureuse. Le fait que le roman policier, de science-fiction ou d’anticipation soient négligés prouve bien, sans être trop polémique, que la littérature française est faite par “des profs”, alors que l’on sait que les lecteurs y trouvent un très grand bonheur, et qu’il y a de très grands auteurs pour chacun de ces genres, comme Orwell ou Conan Doyle. D’autant que, à contrario, on me reproche parfois de ne pas vouloir faire tout à fait un roman sportif ou tout à fait policier !

Amende honorable, Match aller et Match retour se déroulent dans une société de fiction appelée la République. Est-ce pour vous un moyen de critiquer notre société ?

J.C. : Je décrirai cet univers comme un pays d’occident, qui pourrait aussi bien être un pays européen ou du continent américain. La République est clairement pour moi un moyen de réfléchir à notre société. La question est de savoir pourquoi je ne situe pas mes livres dans un pays identifié. Il faut prendre conscience que le littérature n’occupe plus le même terrain dans l’imaginaire que jadis, et que situer un livre dans une ville ou un pays connu renvoie chacun à mille de ses propres expériences. Dès que l’on parle d’un lieu, il y a comme mille “fenêtres pop up” qui s’affichent dans le cerveau des gens. L’écrivain est donc obligé de faire avec ces images, et jouer avec.
Ma volonté avec la République était donc de me libérer de ces images afin de me donner une plus grande liberté créatrice. Me libérer de cette dimension d’évocation, afin que les mots retrouvent le premier rôle. Je n’avais plus alors à m’expliquer avec toute une symbolique préexistante. Cela me permet aussi de créer un système qui soit un peu la caricature de tous les systèmes occidentaux, afin de mieux en faire ressortir les tours et les détours. Je n’ai ainsi pas à me confronter à une position de journaliste. C’est par ailleurs une profession que j’adore, pour laquelle je n’ai aucune condescendance, mais qui ne fait pas partie de mon travail de romancier.

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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