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Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson, Yann Moix trouve (enfin) sa voie

rl09_jacksonOn a méchamment avalé de travers lorsque l’on a appris, fin août, que les éditions Grasset bousculaient en dernière minute leur programme de rentrée afin de faire place au nouveau livre de Yann Moix. Oups ! Nous étions tout juste remis, près de deux ans après sa parution, de Mort et vie d’Edith Stein, l’un des livres les plus atroces que l’on ait lus. Pourtant, nous n’étions pas au bout de nos peines : on s’est presque étouffé en découvrant le sujet de ce nouvel opus : une réaction à la sur-médiatisation du décès de Michael Jackson, que seul Moix aurait donc comprise alors que les pauvres journalistes ont traité l’information de la façon la plus idiote qui soit.
Recevoir ce genre de leçon en pleine face a dû faire rire jaune de nombreux confrères. Car elle ne manque pas de sel venant de quelqu’un qui, toutes les semaines, fait montre de tout son “talent” de chroniqueur en une du Figaro littérataire (une très belle publication par ailleurs). Moix y enfonce à coups de latte des auteurs aussi respectables que Philippe Djian ou Olivier Adam, mais choisit d’encenser des parutions plus qu’improbables, tel le premier roman de son ex-éditeur Bertil Scali, qui pleurniche sur la faillite de sa société éponyme et du divorce d’avec sa femme bien-aimée. « L’un des plus beaux livres de l’année », selon Moix. Ceux qui connaissent Scali en tireront les conclusions qu’ils veulent. Mais trêve de digression, nous avons un livre à chroniquer.
es2 Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson, donc. Un livre qui se passe d’afficher sur sa couverture le genre auquel il appartient, car l’éditeur n’a probablement que peu goûté à un futur suicide marketing. Il semble en effet que pour son dixième livre, Moix ait enfin trouvé sa voie : celle du “livre jetable”. Celui qui sort quelques semaines à peine un événement ultra-médiatisé, se vend quelques centaines d’exemplaires à vitesse grand V, et tombe dans l’oubli tout de suite après.
Entre la bonne et toutes les mauvaises nouvelles qui entourent le livre, commençons par la bonne. Moix s’est débarrassé des horripilants effets de style qui plombaient encore plus son précédent ouvrage, et imposaient au lecteurs les fameux « : » jetés n’importe où dans la phrase. On l’en remercie bien bas. Pour le reste, Cinquante ans… est une longue logorrhée de phrases définitives comme seul Moix sait les pondre, mélangeant à la fois son charabia pseudo-philosophique à des jeux de mots dignes du Café du commerce.
Le texte parle de lui-même, jugez plutôt :  « Oui, un homme à l’envers, qui semblait aller de l’avant. C’est le principe même de cette danse qui le rendit célèbre : le moonwalk. (…)  Passer cinquante ans dans la peau de Michael Jackson, cela ne veut pas dire atteindre l’âge de cinquante ans dans le corps de Michael Jackson : l’âge corporel est toujours un leurre. » ou encore « Car cet homme à l’envers ne s’est pas arrêté à vingt-quatre ans en remontant le temps, en remontant (tel le saumon) le cours de sa jeunesse. Il s’est arrêté à l’âge où tout avait commencé ». Et que l’on ne vienne pas nous opposer que ce sont des phrases extraites du contexte, car les 172 pages du livre, dieu merci de petit format, sont remplies de déclarations similaires.

« Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson » de Yann Moix, Éditions Grasset, 175 pages, 12,90 €

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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