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Videocracy, le film qui électrise l’Italie

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A son ouverture le 2 septembre, le festival de Venise n’avait d’yeux que pour un film : Videocracy, un documentaire signé Erik Gandini. Quelques jours plus, les principales chaînes de télé italiennes, toutes détenues par Silvio Berlusconi, également à la tête du pays, refusaient la bande-annonce du film au motif qu’il était « sans équivoque un message politique de critique du gouvernement ». Le motif ? Le réalisateur, habitant désormais en Suède, montre dans son film comment la mainmise de Berlusconi sur la télévision italienne a modifié le comportement du pays face à la télévision. « La vidéocratie est le pouvoir de l’image sur le pays. En Italie c’est comme ça, tout ce qui passe à la télé existe, si tu n’y passes pas tu n’existes pas » expliquait Gandini lors d’un entretien à l’AFP.
videocracy_posterDès le 3 septembre, la présentation du film fait fureur. Sans faire partie de la compétition officielle, Videocracy est projeté conjointement par deux sections parallèles du festival, Venice days et la Semaine de la critique. Les deux projections organisées font salle pleine en quelques minutes, ce qui laisse augurer un succès lors de la sortie du film en Italie cette semaine, avant sa projection au festival de Toronto (du 10 au 19 septembre).
Le film remonte aux origines du phénomène, il y a trente ans, lorsque Silvio Berlusconi devient un magnat de la télévision en créant un groupe de chaînes. L’une des premières émissions diffusées est un jeu dans lequel des mères de famille se déshabillent à chaque fois qu’un candidat répond bien à une question. Depuis, Berlusconi a mis la main sur la RAI, la télévision publique du pays, et son groupe MediaSet, créé à la fin des années 70, est propriétaire des trois principales chaînes privées. Sans parler de la collusion entre le pouvoir de Berlusconi, trois fois premier ministre de l’Italie depuis son entrée en politique en 1994.
A travers ce réseau télévisé, Berlusconi aurait, selon Gandini, façonné « une génération totalement obsédée par les marques, son image, mais indifférente à la politique et aux affaires du monde ». Ce qui expliquerait la chute de la presse écrite en Italie. « Les gens ne lisent pratiquement plus de journaux poursuit Gandini. La télévision est le média qui a le plus d’impact… ce qui explique pourquoi Berlusconi est si puissant ».
videocracy_4pOutre de très nombreuses images d’archives, Videocracy comprend des interviews de plusieurs proches de Berlusconi. Le film est centré autour de deux personnalités, qui selon le réalisateur sont les clés de voûte du système télévisé. Lele Mora, un agent influent, est spécialisé dans le « formatage » des nombreux candidats aux jeux télévisés des chaînes de Berlusconi. Dans l’une des scènes du film, il se dit « fan de Mussolini », et fait entendre la sonnerie de son téléphone portable : un hymne fasciste. Quant à lui, Fabrizio Corona est un paparazzi sans scrupule qui incarne la domination de l’image chez les gens : après avoir pris des clichés de plusieurs célébrités en situation défavorable, il a été condamné à 80 jours de prison pour avoir extorqué à ces dernières de fortes sommes d’argent contre la non-publication des images.
Né en 1967, Erik Gandini est un documentariste qui a déjà à son actif des films sur Guantanamo, le consummérisme ou les circonstances de la mort de Che Guevara. Videocracy est produit par Zentropa, la société de Lars Von Trier. Il sera distribué en France par Le Pacte, et devrait sortir dans le courant du premier trimestre 2010.

Avec AFP et Reuters.

Page suivante : la bande-annonce du film

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Pour emballer le poissonMouaisCa le fait pas mal4 étoilesFutur prix Pulitzer (Pas encore de vote)
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